Quelle force octroyer à l'armée iraqienne ?
Le processus de la remilitarisation du « Pays d'entre-deux-fleuves », a débuté lorsque les américains ont cherché à se retirer dans leurs bases
sécurisées, à fin de limiter leurs pertes.
Pour ce faire ils ont décidé de reléguer la gestion sécuritaire au gouvernement iraqien. Dès lors, la réformation de l'armée nationale et des divers appareils de sécurité, semblait inéluctable
pour les responsables américains du dossier iraqien.
Pourtant ce cas de figure fut un revirement majeur, car au début, les même responsables avaient refusé catégoriquement de maintenir une structure minimale de l'armée iraqienne, capable de servir
le nouveau gouvernement après la chute du régime baathiste et aider les forces américaines à tenir la rue bouillonnante. Ceci, malgré les arguments allant dans ce sens
et avancés par des hauts responsables militaire en charge de la « pacification de l'Iraq ».
Les grosses lignes décrivant la nouvelle armée iraqienne, sont déjà lisible, Pour ce qui est de son format et sa doctrine.
La question du format et du nombre d'effectifs, autant humains que matériels, est une équation très délicate puisqu'on a pris comme facteur premier dans son calcul, la sécurité future des voisin
ayant peur d'un Iraq fort et pesant régionalement. En somme, il faut obtenir un équilibre fonctionnel, entre une armée capable d'imposer la volonté du gouvernement à
l'intérieur et une armé incapable de menacer Israël ou l'Arabie Saoudite.
Le résultat est un effectif de 400`000 hommes, équipé massivement pour une guerre contre insurrectionnelle, avec des capacités de guerre conventionnelle plutôt limitées, mais capable de contenir
la Syrie ou l'Iran. La question de l'équipement fut tout aussi problématique. L'Armée
Iraqienne ne désire pas être qu'un instrument de sécurité intérieure, elle veut également un armement lourd permettant de protéger ses frontières. Elle veut des avions,
des canons et des chars, mais ses demandes pour des systèmes important et sophistiqués américains, se heurtent à l'opposition d'Israël et du lobby sioniste.
Le choix de fournir aux iraqiens ce qu'ils demandent ou non, pose un vrai dilemme à Washington. D'un coté, ils n'ont pas l'habitude de déplaire aux israéliens et d'un
autre coté de la balance, ils ne peuvent pas remplir des contrats de vente d'armes totalisant 7 milliards de US$, avec du petits matériels légers d'infanterie, tel que des transporteur de troupes
ou des équipements individuels.
Pas d'avions ou de chars, alors pas de milliards en contrats avec les industriels américains. Après que l'administration Bush aie déployé tous ses moyens et pesé de tout
son poids pour imposer à l'armée iraqienne d'acheter made in USA, comment ne pas leur octroyer les moyens qu'ils demandent et qu'ils paient bien assez chère.
L'Iraq aura donc bien les F-16 qu'il a commandé et tout autres systèmes coûteux, tant que cela ne nuise pas à Tel-Aviv, en assurant à cette
dernière une suprématie dans son équipement, tant qualificatif que quantitatif. Israël aura toujours plus de chasseurs bombardiers ou de chars, que tous ses ennemis
arabes et ils seront toujours d'une génération plus avancée que celle de ses voisins. Même les pays considérés bons élèves, comme l'Égypte ou la Jordanie, ne peuvent prétendre aux mêmes
équipements américaines que ceux livrés à l'état hébreux.
Cela s'applique également aux clients importants comme l'Arabie Saoudite. Si les États-Unis livrent des F-15 Eagle au royaume arabe, ils
réserveront la version améliorée ou la plus récente à Israël. Si Washington accepte de doter l'Égypte des
F-16 Falcon Block-50, seulement leurs vrais amis dans la région ont accès à la version Block-60, je veux bien sur parler de leur allié
sioniste.